Une entreprise familiale

Produits plastiques depuis 1936

Oy Plastex Ab compte parmi les pionniers de l’industrie plastique finlandaise. L’entreprise fut l’une des premières à se lancer dans ce secteur, il y a plus d’un demi‑siècle.

L’histoire commence le 7 juillet 1936, lorsque l’ingénieur d’origine polonaise Igor Lawdansky fonde un atelier de fabrication de coffrets à bijoux et d’écrins au sous‑sol du 23 Snellmaninkatu à Helsinki. On y produit des boutons et divers petits articles en bakélite, ainsi que des accessoires électriques.

La production prenant de l’ampleur, des locaux plus vastes deviennent nécessaires. Ils sont trouvés près de la gare de Lohja, dans une ancienne usine de bois d’allumage, sur laquelle un étage supplémentaire est construit. En 1943, l’atelier de coffrets à bijoux et d’écrins prend le nom de Oy Plastex Ab et, à la même époque, l’usine est transférée d’Helsinki vers la zone de la gare de Lohja. Les bureaux de l’entreprise se trouvent encore aujourd’hui dans ce tout premier bâtiment.

L’usine n’opère que quelques années à Lohja avant que le décès prématuré d’Igor Lawdansky ne mette fin à l’œuvre de sa vie. L’entreprise est alors héritée par sa veuve, Irja Lawdansky, qui épouse le représentant commercial de Plastex, Olavi Tarkko. En 1946, la direction de l’entreprise est confiée à ce dernier.


Peignes, entonnoirs et porte‑savons

Après les guerres, machines et matières premières manquent partout. L’acier destiné aux moules et aux machines de Plastex est récupéré à partir d’épaves de navires, de matériel militaire, de pièces de canons et de toutes sortes de ferrailles métalliques. Les déchets arrivent par train à la gare de Lohja, puis sont transportés à cheval jusqu’à l’usine. C’est à partir de ce métal de récupération que sont conçues notamment les machines à boutons et à peignes, ainsi que leurs moules.

Selon le rapport annuel conservé de 1948, la pénurie la plus critique concernait les matières premières, qui devaient être importées. Leur importation était strictement réglementée en raison du manque de devises dans le pays. Les principales matières premières utilisées en 1948 étaient l’acétate de cellulose, le polystyrène et les résines phénoliques, urée et mélamine — autrement dit des thermodurcissables. Environ 1 400 tonnes de matières premières furent consommées.

En 1948, le produit principal de Plastex était le peigne. Grâce à des moules fabriqués en interne, quatorze modèles différents furent produits, totalisant 234 673 douzaines. L’année suivante, on comptait déjà vingt‑huit modèles.

Les entonnoirs et porte‑savons étaient fabriqués en bakélite. La sous‑traitance industrielle comprenait, entre autres, des boutons de radio, des manches de brosses à dents, des attaches de jarretelles et des boutons pour sacs à main.

Paavo Sivenius, employé vétéran ayant rejoint Plastex dès 1945, se souvient particulièrement du département bakélite :
« Il était impossible de se protéger de la poussière ; la chaleur était intense et l’odeur omniprésente. En rentrant chez moi, on disait que je sentais l’écurie. La bakélite était noire et poudreuse ; la sueur et la saleté coulaient à flots. Aujourd’hui, tout est propre et les matériaux ont complètement changé. »

Martti Hermunen évoque les machines à peignes :
« Il y avait deux machines à peignes. Les peignes étaient fabriqués dans un matériau proche de celui utilisé aujourd’hui ; si je me souviens bien, on l’appelait “celluloïd”. Lui aussi pouvait être broyé et réutilisé. La demande de peignes était énorme : à peine finis, ils étaient déjà vendus. Puis sont arrivées de petites machines manuelles sur lesquelles nous fabriquions toutes sortes d’insignes — notamment des badges du 1er mai — ainsi que des boucles, des boutons, des dés à coudre et d’autres petits articles. »

Pentti Laiho se rappelle que, durant ces années‑là, l’atelier d’outillage disposait de deux machines de gravure et de trois graveurs travaillant en équipes, capables de produire jusqu’à vingt nouveaux petits moules par mois.

En 1948, Plastex comptait déjà quarante‑sept employés et près de 100 000 heures de travail furent effectuées sur l’année, en trois équipes.

Selon le rapport annuel de 1948, Plastex réalisa un bénéfice, versa des dividendes à ses propriétaires et fit un don important — plus de deux millions de marks finlandais — à l’École supérieure polytechnique d’Helsinki. Ce fonds était destiné « aux études et à la recherche visant à développer et promouvoir le domaine des plastiques, en particulier les thermoplastiques ». Le don représentait environ un cinquième de la masse salariale annuelle totale de l’entreprise.


« Votre cuisine est‑elle déjà équipée en Plastex ? »

Le climat économique se dégrade au début des années 1950 et les matières premières restent extrêmement difficiles à obtenir. En conséquence, le chiffre d’affaires de l’ensemble de l’industrie plastique recule. Celui de Plastex chute de 25 % par rapport à l’année précédente.

À ce stade, Olavi Tarkko décide de se retirer après avoir dirigé et développé l’entreprise pendant sept ans. Les nouveaux propriétaires sont le professeur de chimie et chef du département de chimie du Centre national de recherche technique, Olli Ant‑Wuorinen, qui acquiert 26 % des parts ; 26 % reviennent à Aarne et Pauli Mutakallio, alors propriétaires de Lahti Rautateollisuus. Un troisième tiers est détenu par l’ingénieur Harry Schumacher, nommé directeur général. Le reste des actions appartient à deux ingénieurs suédois.

Dès 1953, la construction d’une nouvelle usine commence et, en parallèle, une campagne publicitaire sans précédent pour les produits plastiques est lancée en Finlande.

« Américanisez votre intérieur avec les produits Plastex. Rapidité, confort et praticité pour l’atelier le plus important de la maison — la cuisine. L’Amérique montre la voie en matière d’innovations culinaires. Créez votre propre cuisine américaine fonctionnelle… »
Ces slogans dynamiques apparaissent dans de grandes annonces publiées dans Helsingin Sanomat, Uusi Suomi et Hufvudstadsbladet.

Dans le numéro 4/53 du magazine Hopeapeili, une mère déclare dans une publicité :
« Mon problème est désormais résolu. Ma cuisine est aussi bien organisée que mon bureau. Tout est à portée de main. Tel est le principe des plastiques ménagers Plastex. »


Une décennie de développement

Parmi les succès commerciaux de 1954 figurent une voiture‑jouet, des peignes, une bassine, un range‑couteaux, une cruche à eau et des lunettes de soleil pour enfants. Grâce à de nouveaux moules réalisés dans l’atelier interne, l’entreprise produit également, entre autres, un verre à schnaps, une tête de poupée et un pistolet clignotant — vendu avec le code Morse en supplément. Le chiffre d’affaires augmente de plus d’un tiers en 1954 et la consommation de matières premières de plus de moitié.

Parallèlement à une publicité soutenue et à l’élargissement de la gamme de produits, un nouveau bâtiment industriel est construit entre 1954 et 1955 sur la pente près de la gare de Lohja. Il abrite des départements dédiés à presque toutes les techniques de transformation des plastiques développées en Europe après la guerre.

 


Aujourd’hui et demain

Aujourd’hui, Plastex est une entreprise familiale finlandaise appartenant à la famille Ant‑Wuorinen et dirigée par Lauri et Arto Ant‑Wuorinen. Son cœur de savoir‑faire réside dans le moulage par soufflage, et Plastex sert des clients dans toute l’Europe avec un accent croissant sur l’export.

Sa mission est simple : associer la fiabilité nordique à une production agile afin de garantir des produits sûrs et de haute qualité — à chaque fois.

 

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